dimanche 2 avril 2017

Francis Berthelot - Hadès Palace

Francis Berthelot Hadès Palace rêve démiurge Dystopia Bélial'Francis Berthelot

Hadès Palace (Le rêve du démiurge - VI)

Ed. Dystopia / Le Bélial'



Le livre nous plonge d'entrée de jeu dans la description d'un décor majestueux. L'Hadès Palace est un complexe artistique flamboyant, une bâtisse ancienne entourée d'arbres, un lieu magique qui propose l’émerveillement aux spectateurs et l'accomplissement aux artistes. Maxime, le frère d'Ivan, que nous n'avions pas revu depuis Le jeu du cormoran, voit dans l'occasion d'y séjourner une opportunité qui ne se refuse pas. Mais il réalise rapidement que la vision magistrale qu'on en a de l'extérieur ne correspond pas exactement à celle, carcérale, qu'en présente l'intérieur. En effet, les pensionnaires sont traités en prisonniers, les méthodes de perfectionnement sont peu orthodoxes et passent par quelques étapes inattendues, pour le moins surprenantes.

Comme dans les romans précédents, la langue est imagée et très sensible. Et, à l'instar du Jongleur interrompu, quand Francis Berthelot enfile sa casquette d'impresario et dirige le mime, il décrit les numéros avec beaucoup de justesse. Le roman touche alors à des sommets de grâce. Mais il manie également très bien la plume en d'autres contextes. Aussi, quand il se lance dans la scène du jugement, on est proche du procès kafkaïen, inquiétant et oppressant. De plus, la narration est inventive, les personnages originaux et j'ai apprécié la manière habile qu'il a d'utiliser le vocabulaire de l'institut pénitentiaire pour décrire le complexe, son fonctionnement, le directeur et les matons.

En revanche, et c'est probablement là ma première vraie réserve depuis mes débuts dans l’œuvre de Berthelot, si l'intrigue commençait très bien, je n'ai été que moyennement convaincu par sa chute et par la relation entre Maxime et le saxophoniste. Je suis un peu déçu par ce volume qui, par ailleurs, n'apporte pas beaucoup à la thématique générale du cycle.

Cela dit, je lirai avec plaisir le septième volume, Le petit cabaret des morts.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire